Air intérieur, ventilation et humidité du logement

On passe l'essentiel de sa journée à l'intérieur, sans jamais mesurer ce qu'on y respire

Cuisson, produits d'entretien, mobilier neuf, séchage du linge, occupation d'une pièce fermée : un logement fabrique en continu des polluants et de la vapeur d'eau que seule une ventilation correcte évacue. Ce média décrit les sources, les appareils de mesure, les technologies de filtration et les débits attendus pièce par pièce, du point de vue du bâtiment et du matériel.

Commencer par les polluants

Les sujets couverts

Quatre rubriques et les questions qui reviennent le plus souvent dans un logement occupé toute l'année.

Les sources de pollution dans un logement

Chaque source produit un type d'émission différent, se repère à des signes matériels distincts et se traite par une parade qui lui est propre. Un purificateur ne remplace jamais le traitement de la source elle-même.

La source

Cuisson et appareils à combustion

Ce qu'elle émet

Particules fines, dioxyde d'azote, monoxyde de carbone, humidité

Ce que ça change dans le logement

Dépôt gras sur les surfaces hautes, odeurs qui stagnent plusieurs heures, buée persistante sur les vitrages froids après un repas.

La parade

Extraction mécanique en cuisine à la bonne vitesse pendant toute la cuisson et vingt minutes après, hotte raccordée à l'extérieur plutôt qu'en recyclage, entretien annuel de tout appareil à combustion.

La source

Produits d'entretien et aérosols

Ce qu'elle émet

Composés organiques volatils, solvants, parfums d'ambiance

Ce que ça change dans le logement

Pic de concentration mesurable pendant et après l'usage, odeur qui persiste des heures dans une pièce fermée, film sur les surfaces.

La parade

Aération pendant et après le nettoyage, dosage réduit, produits sans solvant ni parfum d'ambiance, stockage des bidons hors du volume habité.

La source

Mobilier neuf, colles et peintures

Ce qu'elle émet

Formaldéhyde et composés organiques volatils émis par les panneaux de particules

Ce que ça change dans le logement

Odeur de neuf tenace pendant plusieurs semaines, concentration plus élevée dans les pièces fermées et chauffées, émissions qui augmentent avec la température.

La parade

Déballage et aération renforcée les premières semaines, étiquetage d'émission le plus favorable à l'achat, ventilation continue plutôt que ponctuelle pendant la phase de dégazage.

La source

Occupation et respiration

Ce qu'elle émet

Dioxyde de carbone et vapeur d'eau produits par les occupants

Ce que ça change dans le logement

Air qui devient lourd en fin de nuit dans une chambre fermée, vitres embuées au réveil, concentration qui grimpe vite dans une pièce à faible volume.

La parade

Entrées d'air en menuiserie laissées libres, porte détalonnée pour le balayage, aération franche au lever, capteur de dioxyde de carbone pour objectiver le besoin.

La source

Douche, cuisson et séchage du linge

Ce qu'elle émet

Vapeur d'eau en grande quantité, jusqu'à plusieurs litres par jour dans un foyer

Ce que ça change dans le logement

Condensation sur les parois froides, taches noires dans les angles de mur, décollement de papier peint, odeur de renfermé qui revient malgré le nettoyage.

La parade

Extraction en pièce humide pendant et après l'usage, séchage du linge dans une pièce ventilée ou en sèche-linge évacué, chauffage homogène pour éviter les parois froides.

La source

Sous-sol et plancher bas

Ce qu'elle émet

Radon, gaz naturel issu de certains sous-sols granitiques ou volcaniques

Ce que ça change dans le logement

Concentration variable selon la région, la saison et l'étanchéité du plancher bas, plus élevée en hiver quand le logement est fermé et en dépression.

La parade

Mesure par dosimètre sur plusieurs semaines dans les zones concernées, ventilation renforcée du volume habité, traitement de l'étanchéité du plancher bas et du vide sanitaire.

Définition

Renouvellement d'air

Volume d'air neuf introduit dans un logement rapporté à son volume total, exprimé en volumes par heure. Le principe retenu dans l'habitat français est le balayage : l'air neuf entre par les pièces de vie, en général par des entrées d'air placées en menuiserie, traverse le logement sous les portes détalonnées, puis ressort par les pièces humides où il est extrait. Rompre un seul maillon de cette chaîne, en bouchant une entrée d'air ou en posant un joint de bas de porte, suffit à mettre tout le système en défaut, quel que soit le matériel installé.

Les débits de ventilation, pièce par pièce

Les valeurs ci-dessous donnent les ordres de grandeur retenus dans l'habitat pour une installation d'extraction mécanique. Elles servent à vérifier qu'une installation existante fait son travail, avec un anémomètre ou par un contrôle visuel simple.

PièceDébit de baseDébit de pointeType de bouchePoint de vigilance
Cuisine20 à 30 m³/h45 à 135 m³/hGrande bouche d'extraction, commande manuelle ou hygroréglableUne hotte à recyclage filtre les graisses et une partie des odeurs, mais n'évacue ni la vapeur d'eau ni les produits de combustion. Elle ne remplace pas l'extraction.
Salle de bains15 m³/h30 m³/hHygroréglable ou temporisée par détection de présenceLa porte doit rester détalonnée d'un à deux centimètres. Un joint de bas de porte posé pour le bruit annule le balayage et fait chuter le débit réel.
Cabinet d'aisances15 m³/h30 m³/hAutoréglable ou temporiséeDébit constant suffisant dans la plupart des cas. La temporisation évite de surventiler un local peu occupé tout en traitant les pics.
Buanderie ou cellier15 m³/h30 m³/hHygroréglablePièce souvent oubliée du réseau alors qu'un séchage de linge y libère plusieurs litres d'eau par cycle dans l'air du logement.
Chambres et séjourPas d'extractionEntrées d'air de 22 à 45 m³/hEntrée d'air en menuiserie ou en coffre de volet roulantCe sont les points d'entrée du système. Les obstruer pour supprimer un courant d'air froid met en défaut l'ensemble de la ventilation du logement.
Garage et sous-solVentilation dédiéeSelon usageGrilles hautes et basses indépendantesCe volume ne doit jamais être raccordé au réseau du logement : les polluants issus du stockage et des véhicules seraient réintroduits dans les pièces de vie.

Les valeurs réglementaires exactes dépendent du nombre de pièces principales du logement, de sa date de construction et du type d'installation, autoréglable ou hygroréglable. Elles sont fixées par la réglementation sur l'aération des logements et se vérifient sur la fiche technique du groupe installé, jamais estimées à l'oreille.

Ventilation

La rubrique à lire en premier

Avant tout achat de matériel, la ventilation existante mérite un diagnostic : c'est elle qui décide de la charge que le reste devra traiter.

Questions fréquentes sur l'air d'un logement

Un purificateur d'air remplace-t-il la ventilation ?
Non, les deux fonctions sont différentes et complémentaires. Un purificateur fait circuler l'air d'une pièce à travers un média filtrant et abaisse la concentration en particules mesurée dans le volume traité, mais il n'apporte aucun air neuf et n'évacue ni la vapeur d'eau, ni le dioxyde de carbone, ni les gaz que son filtre à charbon ne retient pas. La ventilation, elle, remplace l'air vicié par de l'air extérieur, ce qu'aucun appareil autonome ne sait faire. L'ordre logique consiste donc à traiter la source, puis à vérifier la ventilation, et seulement ensuite à envisager un purificateur pour une pièce précise et un besoin identifié.
Combien de temps faut-il aérer, et à quel moment ?
Deux périodes courtes et franches valent mieux qu'une fenêtre entrebâillée toute la journée. Ouvrir en grand cinq à dix minutes, idéalement en créant un courant d'air entre deux façades, renouvelle le volume d'air d'une pièce sans refroidir les murs, qui restituent ensuite leur chaleur. Le matin au lever traite l'humidité accumulée pendant la nuit dans les chambres, et un second passage en fin de journée traite les émissions liées à la cuisine et à l'entretien. En hiver, cette méthode coûte nettement moins d'énergie qu'une ouverture prolongée, parce que ce sont les parois et non l'air qui stockent la chaleur du logement.
Quel indicateur suivre si l'on ne veut acheter qu'un seul appareil de mesure ?
Le dioxyde de carbone, mesuré par un capteur à cellule infrarouge, souvent désigné par le sigle NDIR. Il ne s'agit pas d'un polluant préoccupant aux niveaux rencontrés dans un logement, mais d'un excellent traceur du confinement : sa concentration monte dès qu'une pièce occupée est mal renouvelée, et redescend dès que l'air neuf arrive. Le seuil de vigilance généralement retenu se situe autour de mille parties par million, valeur au-delà de laquelle le renouvellement d'air mérite d'être corrigé. Un hygromètre, souvent intégré au même appareil, complète utilement la lecture en signalant les risques de condensation.
Quel budget prévoir pour améliorer réellement l'air d'un logement ?
Les ordres de grandeur du marché français vont du très modeste au chantier complet. Un hygromètre simple se trouve autour de quinze à trente euros, un capteur de dioxyde de carbone fiable entre soixante et cent cinquante euros. Le remplacement des bouches et l'entretien d'une extraction existante restent dans les quelques dizaines à quelques centaines d'euros. Un purificateur correctement dimensionné pour une pièce se situe généralement entre cent cinquante et cinq cents euros, auxquels s'ajoutent des filtres à renouveler chaque année. L'installation d'une ventilation double flux avec échangeur relève du chantier, avec un coût de plusieurs milliers d'euros pose comprise, justifié surtout dans un logement bien isolé et étanche à l'air.

Diagnostiquer, ventiler, puis équiper

Les quatre rubriques du site suivent cet ordre : identifier les sources et mesurer, remettre la ventilation en état, choisir un appareil de filtration adapté à la pièce, et traiter l'humidité là où elle s'accumule.

Voir les guides ventilation